02 juillet 2005
Les enfants sauvages
Vers 753 av. J.-C., deux jumeaux, Romulus et Remus sont abandonnés dans les eaux du Tibre par leurs parents. Par miracle, ils parviennent à survivre et sont recueillis part une louve qui les élève avec ses petits. Comme on le sait, Romulus après avoir tué son frère devint le fondateur légendaire de la ville de Rome.
Des cas semblables d’enfants qui auraient été élevés par des louves ou autres femelles animales (guenon, truie, gazelle, etc.) ont été observés. Des enfants sauvages vécurent aussi seuls en pleine nature, sans l’aide d’animaux.
En France, le plus célèbre est Victor, de l’Aveyron, qui fut capturé en 1798, et qui ne pouvait se déplacer qu’à quatre pattes et ne proférait que des sons inarticulés
En Inde, Kamala et Amala, deux sœurs d’environ 8 et 18 mois, furent recueillies en 1920 à Midnapore. Amala mourut au bout d’un an, Kamala (sa sœur) pleura (seule manifestation d’un sentiment humain) et vécut encore 9 ans : elle apprit à boire dans un bol, à dire 40 mots, à se tenir debout (mais elle circulait toujours à quatre pattes), et même à porter quelques vêtements.
En Grèce, à Metsovo, on a montré un enfant qui aurait été élevé par une ourse.
Ramu, enfant-loup de Lucknow (Inde), recueilli en 1954 à 10 ans environ, vécut 14 ans à l’hôpital, sans quitter son lit. On ne put lui apprendre ni à marcher, ni à parler. Il souriait seulement à l’infirmière lui apportant ses repas (viande crue, eau qu’il lapait dans une assiette) ; il mourut en 1968 d’une affection respiratoire.
En Libye, un enfant gazelle fut surpris par un photographe en 1953.
Au Nigeria, un enfant sauvage se nourrissant de terre fut découvert en 1975. Il s’agissait, croit-on, d’un enfant handicapé mental échappé d’un hôpital psychiatrique.
Les enfants sauvages ne doivent pas être confondus avec les hommes-chiens, affectés d’une pilosité anormale du visage à la suite d’une erreur génétique. Au Moyen-Age, ces malheureux étaient pendus haut et court. A la fin du siècle dernier, on les exhibait dans des cirques. Contrairement aux enfants sauvages, ils n’ont jamais cessé de vivre au milieu des humains.
Car l’étude détaillée des histoires d’enfants sauvages montre que s’ils sont tous nés dans un milieu humain, ils ont tous été très jeunes volontairement ou accidentellement soustraits à leur milieu naturel, au moment même où ce dernier leur était indispensable à l’acquisition du langage et du comportement social. Evoluant dans un milieu qui n’est pas celui propre à leur espèce pendant une période critique de leur développement physiologique et intellectuel, les enfants sauvages subissent des lésions irréversibles du cerveau qui les empêchent ensuite de se réinsérer normalement dans le monde des hommes. On comprend alors pourquoi des enfants sauvages ne peuvent finalement pas vivre longtemps en dehors du monde des hommes, et que toutes les observations ne font état que de cas accidentels fort heureusement isolés.
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